Ton degré d’ombre est équivalent à ton degré de Lumière

Alors que je commençais à pleinement apprécié mon vide,

Alors que j’avais la sensation que le Rien qui m’envahit ne pouvait pas être plus Rien que ce qu’il est déjà,

Un de mes socles chéris s’est effacé.

Un Amour devenu Ami très proche -resté Amour dans le tréfond de mon coeur- a trouvé un autre coeur à aimer. Comme ça, d’un coup. Il prenait encore tant de place dans ma vie. Abandon. L’espace s’est vidé un peu plus encore. Dépouillement.

J’ai traversé et observé ma traversée, les deux à la fois.

Une sorte d’étau en fonte s’est écrasé sur mon espace vital, je ne pouvais plus respirer.

Je me suis vue devenir Boa qui avale un éléphant.

Un poids si lourd qu’il faut juste ne plus bouger, être avec et attendre que les sucs gastriques fassent leur job.

D’habitude on aurait tendance à vomir, ou à hurler du mal en tentant de le refuser, à chercher un remède pour ne plus souffrir.

Mais là, non.

Je suis restée avec.

J’ai accueilli et vécu pleinement la douleur.

Sans tenter la résistance

Sans mourir sous le poids de l’étau.

Sans rejeter ce qui était présent

Je suis entrée dedans, elle m’a remplie, je l’ai regardée, je l’ai épousée même.

Elle m’a accompagnée partout.

Ca faisait comme une sorte d’égrégore collant qui ne te lâche pas, qui pèse un peu sans écraser, et qui est réellement présent, c’est presque physique tellement c’est dense. Parfois on peut le voir, si nos yeux et le reste savent regarder au-delà.

Parallèlement je continuais ma vie, à sourire, à être, avec plus d’intensité peut-être vu le manteau émotionnel qui m’accompagnait. Mais je n’étais pas cela. Ca existait là, avec moi mais je n’étais pas cela. Le sombre n’a pas pu me dévorer.

La lumière de mon être semblait beaucoup plus forte que ce trouble momentané, elle semblait pouvoir porter le doute, la tristesse, la sensation d’abandon, sans difficulté, et surtout …avec un Amour incroyable.

Cet Amour pouvait prendre avec lui, dans la douceur, les peurs de cette petite fille du dedans.

Quelle délicatesse infinie.

Juste être là avec cet éléphant à digérer, dans la connaissance qu’il va finir par passer, et surtout, entourée d’un Amour tendre qui regarde et embrasse.

Mon Amour.

Cet Amour avec lequel j’oeuvre consciemment depuis longtemps.

Cet Amour m’habite.

Il sait qu’il va finir par absorber le sombre qui m’empoisonne momentanément.

Ca se fait.

Alchimie de la Lumière.

Je me renforce.

En engloutissant le lourd, je deviens plus robuste.

Et finalement l’Amour est bien plus fort. Je peux aimer encore plus fort.

Lui, Elle, Moi et le reste du Monde.

J’ai pu descendre, entrer et vivre ce déchirement et le transformer car je savais comment monter chercher la Lumière du haut de mon être pour l’éclairer, l’accueillir, l’aimer.

C’est ainsi que nous changeons les programmes en nous.

Dans l’Aventure de la Conscience, Satprem écrit : « Il ne s’agit pas de fuir en se bouchant le nez mais d’entrer et de vaincre….. La descente est proportionnelle à l’ascension. On ne peut pas descendre plus bas que l’on est monté….On ne peut guérir que si l’on guérit tout au fond et on ne peut aller tout au fond que si l’on va tout en haut. Plus on veut descendre, plus il faut une lumière puissante, sinon on se fait manger. »

Commençons donc toujours par aller rencontrer nos plus hautes fréquences avant d’aller explorer le glauque de nos enfers !